À la rencontre des oies sauvages

8 avril 2017. J’ai envie d’aller à la rencontre des oies sauvages. Depuis quelques semaines, on les entend crier le printemps! Je profite de leur arrêt migratoire dans la région pour les observer et m’imprégner de leur présence en les photographiant et en les dessinant. Ce soir elles m’appellent.

Non loin de chez moi, dans une zone marécageuse agrandie par les inondations, les outardes se regroupent pour passer la nuit. Elles quitteront les champs où elles se nourissent pour venir se déposer sur l’eau à la tombée du jour. C’est là que j’irai les attendre.

Je marche et m’imprègne de la nature environnante. Dans l’air printanier, des odeurs et des sons nouveaux me donnent envie de m’ajuster à un rythme différent. Je vois bien, partout autour de moi, le paysage en métamorphose. Ses habitants qui se réveillent. La saison hivernale terminée, tous les animaux entament un nouveau cycle. L’homme ne fait pas exception à cette règle. Je marche comme si la nature me tenait par la main. Elle m’apprend à affiner tous mes sens. Moi aussi, je me réveille de l’hiver…

J’aperçois des chevreuils dans la brunante. J’entends les gloussements des dindons sauvages. Un urubu trace de grands cercles dans l’air en planant au dessus de ma tête… Mon esprit s’abandonne dans l’infini du ciel à mesure qu’il change de couleur. Bientôt, la noirceur me raccompagne à la maison.

9 avril 2017. Je suis tirée du sommeil avant l’aube. La lune me regarde à travers la fenêtre. Elle me rappelle qu’un autre rendez-vous m’attend. Je m’habille et je prends la route. À cinq heures trente du matin, je stationne ma voiture à une bonne distance des outardes. Elles ne dorment pas mais se reposent. Je les écoute jacasser et cela m’arrache un sourire. Une mince couche de glace a cristallisé l’étang et une gelée blanche recouvre les champs.

Les craquements de la glace qui se romp à mesure que le soleil se lève m’enchantent. J’adore ces bruits qui surprennent! Un castor me fait sursauter en plongeant dans les hautes herbes tout près de moi. Je suis très bien entourée!

Sentiment d’être reliée aux éléments. Si je ferme les yeux, je peux aussi être l’outarde… Que puis-je apprendre d’elle? Chaque fois que j’observe les bernaches, un trait particulier me fascine: l’esprit de communauté et la solidité des liens familiaux. Quand on ne les voit pas au sein des troupes, c’est en duo qu’on les aperçoit. Lorsque ces oiseaux migrateurs annoncent leur venue, on les voit très souvent arriver par deux. Même chose lorsqu’ils décollent… Les couples se distinguent facilement. Chez cette espèce, le mâle et la femelle sont unis pour la vie. C’est très touchant de les regarder aller.

Je suis aussi impressionnée par l’esprit d’équipe et d’entraide qui anime ces grands volatiles. Je ne me lasse pas de les entendre, de les observer. Je n’en finis plus de les photographier… Je profite de ce moment d’ouverture à la vie.

« Le spectacle des Bernaches du Canada qui fendent le ciel en cacardant au printemps ou à l’automne dans de longues formations en « V » irrégulières est toujours fascinant. Ce spectacle constitue l’un des principaux présages du changement de saisons au Canada. Le vol en lignes diagonales ou en formations en « V » sert au moins deux buts. Le plus important, c’est qu’il aide les Bernaches à conserver de l’énergie et leur permet de franchir de plus longues distances. Les scientifiques croient que les Bernaches du Canada volent en formations en « V » parce que cette configuration produit l’effet du « tirant », où la Bernache qui suit, comme un cycliste dans une course, profite des courants d’air produits par la Bernache en tête, ce qui lui demande moins d’énergie pour voler. Une deuxième fonction de cette formation est de coordonner les mouvements de la bande, ce qui permet la communication rapide et efficace des changements de vitesse ou de direction à tous les membres de la bande. » – Source: Faune et flore du pays

« V » pour Vivre et Voler. « V » pour Viens jouer dehors. « V » pour Vérité de l’instant présent.

« V » pour Voyage…

© Hélène Gagnon, tous droits réservés

3 thoughts on “À la rencontre des oies sauvages

  1. Magnifique spectacle que tu nous offres ici, décrivant les sensations, le ressenti que tu vis à travers cette nature généreuse. Quelles belles photos!
    Merci pour ce partage!

  2. Bonjour Hélène,
    Très beau texte, comme d’habitude. Une belle introspection sur l’éveil de la nature, les bruits qui chatouillent nos tympans, les couleurs qui nous enchantent. J’aime te lire, on plonge au coeur de la nature, on la sent vibre en nous. Quelle joie! Je réalise aussi que je ne suis pas allée à cet endroit cette année, moi qui, depuis les trois dernières années, y retournait pour capter les couleurs de l’aurore. Mais je le plaisir de lire ton voyage, et ça me fait du bien.
    Merci! 🙂

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