Les départs de l’automne

22 septembre 2016. Aujourd’hui, rencontre avec une gélinotte huppée dans les rayons lumineux du matin. Le soleil a eu une belle façon de me saluer! Cette perdrix, comme nous l’appelons communément en Amérique du Nord, m’a rappelé de célébrer ma journée d’équinoxe. Ce moment dans l’année où le jour est d’égale durée à la nuit partout sur la planète. Ce moment qui appelle l’équilibre. Une période que j’affectionne particulièrement car elle marque aussi le début officiel de l’automne, ma saison préférée. Je suis de celles qui aiment les transformations et qui croient important de bien vivre les passages.

perdrix-copyright

Je suis en « retraite d’écriture » en ce moment. Loin de chez moi. Ce besoin de partir est cyclique. Mais je ne le comprenais pas… J’ai donc longtemps eu de la difficulté à bien le vivre…

soleil-copyrightUn jour, alors que je mentionnais ce besoin de me retirer, une dame m’a dit: « c’est tout à fait légitime: tu vas re-traiter l’information« … En effet, pour moi l’automne est synonyme de bilan. C’est le temps de l’année où je ressens le besoin de me recueillir, de vérifier où j’en suis, de terminer les chapîtres en suspens…

Selon l’une des définitions du dictionnaire Larousse: « Retraite = lieu ou quelqu’un se retire pour vivre dans le calme, dans la solitude, ou pour se cacher. » Ceci s’avère exact dans mon cas. C’est pour m’entendre et m’écouter que je pars. Car pour y arriver je dois me détacher du tourbillon de la vie quotidienne.

Cependant, j’avais toujours de la difficulté à partir car je craignais de vivre de l’isolement. Je l’avoue, j’avais peur aussi de ne pas être comprise, car dans notre société, c’est plutôt mal vu de prendre du temps pour soi. Ça éveille aussi chez certains de l’envie et de la jalousie… On dirait que quelque part en moi était enfouie la croyance que partir n’était pas correct. Je me jugeais… Je n’arrivais pas à quitter sans éprouver une déchirure…

S’isoler veut dire se séparer du reste de son environnement habituel. J’avais enregistré qu’il signifait me couper des gens que j’aime. Même si c’était temporaire, le mot séparation me faisait paniquer. Il me faisait revivre à différents degrés les blessures profondes que je portais en moi. Chaque fois… Je vivais un éternel conflit intérieur.

Je n’arrivais pas à accueillir ma nature nomade. Je la réprimais…alors que c’est elle qui me rend vivante!

route-copyright

Sur la route, j’ai eu une irrésistible envie d’écrire. L’idée m’est venue de partager un petit morceau de mon processus avec mes lecteurs. Dans ce voyage qui se déroule cette fois-ci dans une grande paix intérieure, j’apprends. Lorsqu’on part, nos démons ne nous attendent pas sur le seuil de la porte…. Ils embarquent dans la valise. J’ai décidé cette fois de ne pas les confronter ni les chasser. Je ne les ai pas nié. Je les ai observé encore plus profondément. Je savais qu’ils seraient là et je les accueille du mieux que je le peux, un à un. Non, ce n’est pas facile! Mais j’avais pris cet engagement avec moi-même et je l’ai respecté.

Et voilà que la patience et le regard empathique ont fait émerger une nouvelle perspective. Et les éclaircissements sont venus:

  • Le regard neuf est le cadeau du nomadisme.
  • La découverte de sens est le cadeau de la retraite.
  • Il existe une façon très saine de partir.
  • Partir de façon responsable n’est pas fuir.
  • En me respectant entièrement dans mes déplacements saisonniers, je fais beaucoup de bien autour de moi. Plutôt que de me sentir coupable, j’ai le devoir de répandre la joie et les leçons que je suis venue cueillir dans ce voyage.
  • Un voyage, ce n’est pas des vacances.
  • Je n’ai pas à souffrir d’être nomade.
  • Partir ne veut pas dire quitter.
  • L’éloignement, au contraire, lorsqu’il est vécu dans la confiance et non dans la peur, me rapproche des gens que j’aime.
  • L’amour, on le porte en soi.
  • L’amour des autres, on le ressent même à distance. Du moment que l’on ouvre ensemble une communication authentique.

Lorsque je suis sur le bon chemin qui est le mien, je me sens supportée par la vie. Merci aux précieux alliés qui m’entourent et à ceux, au-delà, que je ressens dans leur invisibilité.

Puissiez-vous vivre vos départs et vos détachements…

dans l’acceptation de qui vous êtes, parts égales d’ombre et de lumière!

fleuve-copyright

© Hélène Gagnon, tous droits réservés

3 thoughts on “Les départs de l’automne

  1. Très chère niece, j’aime beaucoup Les départs d’automne. Ça me fait penser a ma chère maman partie depuis deux ans déjà. C’est tout doux dans mon cœur et triste en même temps. Merci aussi pour les bons moments passés ensembles lors de ton passage dans le Bas du Fleuve. Pour ton dessin, il est super! Pour moi, il représente la paix et le calme. Merci pour cela aussi. Tu es une personne formidable!!

  2. J’ai beaucoup aimé ce texte et ça me rejoint beaucoup. Merci d’allumer parfois une petite lumière en nous.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *