Les oies blanches

L’arrivée du printemps m’incite à vous partager une expérience vécue lors d’un  pèlerinage dans le bas du fleuve. Mai 2013. Je suis partie, comme à chaque année, vers le fleuve de ma mère (à Trois-Pistoles) et la terre de mon père (à Amqui).Pendant toute la durée de ce voyage en solitaire, j’ai écouté ma boussole intérieure.  La gamine en moi qui aime les animaux et les grands espaces, celle qui a besoin de se brancher aux éléments de la nature… elle me pointait la route.

Panneau Ile verte - copyright

Sur le chemin du retour, alors que je roulais sur la 132 pour faire halte à St-Jean-Port-Joli, j’ai aperçu un champ rempli d’oies blanches, tout près de la traverse qui mène sur  l’Ile Verte. Malgré le fait que la chasse à la sauvagine soit ouverte, je savais que cet endroit était sécuritaire.  En quelques secondes, j’avais garé ma voiture, pris mon appareil photo, traversé la route… Un élan du cœur me poussait vers le champ! Je me suis octroyé le plaisir de photographier le spectacle paisible qui s’offrait à moi. Des centaines de belles des neiges, migratrices fascinantes, se reposaient et jacassaient sans se préoccuper de moi. J’aurais aimé les voir de plus près… Et si j’allais vers elles? Doucement, je me suis avancée. Je me suis mise à ramper dans l’herbe haute comme un chasseur sans cache et sans fusil, sans pantalons imperméables non plus… Mais sans aucune intention de prédation.

Au champs avec les oies - copyright

Oies blanches 2.1 - copyright

Je ne voulais qu’observer  ces oiseaux  que  j’aime par-dessus tout entendre.  Je savais les oies très futées. Je ne voulais pas leur faire peur et les inciter à fuir… Je rêvais de me retrouver  parmi elles, plutôt que de les voir voler au-dessus de ma tête. Tranquillement, je me suis approchée. En prenant de longues pauses entre chaque avancée, je prenais des photos. J’étais couchée ventre contre terre mère. J’observais mes nouvelles amies devant le fleuve. Le vent et le soleil me berçaient. Quel espace de liberté incroyable! Je suis demeurée ainsi  une bonne heure et demie à savourer cet état de béatitude.  De temps en temps, je changeais de position. Je me suis mouillé les fesses, mais ça en valait le coup! J’éprouvais une immense gratitude envers les oies de m’accorder cette confiance. J’en ai eu plein la vue!

La faim chez moi se faisant ressentir, j’ai décidé de reprendre ma route. Je savais qu’en me relevant, j’allais provoquer une envolée spectaculaire…  Debout, j’ai appuyé sur le déclencheur de mon appareil. Un dernier clic pour immortaliser cet instant.  Les oies sont parties en me criant au revoir, me laissant seule au milieu du grand vert, des étoiles plein les yeux. J’étais complètement habitée par cette expérience.  Puissante joie au cœur!

Oies blanches départ 1 - copyright

Arrivée au motel où je passerais les deux derniers jours de mon exil, j’ai pris mon calepin et mes crayons et je suis allée m’asseoir face au fleuve.  Devant le soleil couchant, j’ai pris une grande respiration et j’ai fermé les yeux.  J’étais encore imprégnée de l’émotion de cette rencontre sauvage. Je me suis mise à dessiner. Ma mémoire sensorielle avait capté et enregistré l’énergie des oies blanches. Même si elles n’étaient plus devant moi, je pouvais « revivre » ma rencontre avec elles. Dès que j’ai déposé le crayon sur la feuille, j’ai pu ressentir leurs formes au bout de mes doigts. Et c’est dans cet état de connexion que j’ai réalisé quelques sketches. De façon tout à fait spontanée et naturelle.

Sketch 3 - copyrightSketch 4 - copyrightdessin simpliste oie - copyright

J’adore ces moments de grâce! La nature m’aide à me sentir pleinement vivante. Coquine. Entière. Reliée au grand TOUT! Merci les oies! Je vous retrouverai bientôt, au détour de votre grand périple migratoire. Merci la vie!

Oie des neiges 2

 

5 thoughts on “Les oies blanches

  1. Wow, wow, j’adore ton article sur les oies, en te lisant ça me donnais le goût d’être dans le champs moi aussi avec les oies, qu’elle liberté… Super j’adore te lire ma nièce, continue. Je peux voir comment tu es heureuse, continu de faire ce que tu aime. Bisous XXX, Francine

  2. Une rencontre mémorable, Hélène. Ton audace et le respect de ces oies t’ont accompagné et ont permis de jouir de cet instant magique. Merci du partage!

  3. Wow !!!
    J’ai adoré te lire, sans oublié que la synchronicité est au rendez-vous…

    Je vis beaucoup de choses intense en moi, ces temps-ci et beaucoup de réponse ce présente depuis quelques jours…

    Ce magnifique texte sur les oies blanches en fait partie ! J’ai vécu quelque choses de très particulier en lien avec l’oie blanche, il y a quelques années qui m’a non seulement marqué pour la Vie, mais fut un point très important qui me pousse sur ma route de Vie…

    En plus, pour ajouter à cette magnifique synchronicité qu’est ton superbe texte… tu as vécu cette expérience au mois de mai… mois de ma naissance. 🙂

    Comme quoi, encore une fois parmi tant d’autres… la Vie confirme que rien n’arrive jamais pour rien !!! 😉

    Merci, non seulement pour cette synchronicité, mais pour ce magnifique texte et d’être qui tu es ! Une telle sensibilité à la Vie, à sa beauté et sa splendeur est un cadeau du ciel…

    Continue de t’offrir ce beau cadeau et de le partager avec le monde entier… 🙂 <3

  4. Merci de tes textes mais surtout ta demarche inspirante. La semaine du 20 au 27 avril je suis en congé. J’aimerais aller voir les oies. Si je me rend à l île verte j’aurai la joie de cette rencontre? Est ce que tu as des références de logement pas cher et bien?
    Merci

    • Bonjour Dominique,
      Merci pour tes bons mots! Je ne sais pas si tu trouveras des oies à l’Isle-Verte (c’est en mai 2013 que j’y avais fait escale) mais il est certain que tu en verrais à Baie-du-Febvre (c’est là où l’on en dénombre le plus en ce moment). Tu en trouveras aussi à Montmagny et à l’Isle-aux-Grues. Je peux te référer au gîte chez Lucie (à l’Isle-aux-Grues) où tu seras très bien reçue et à bon prix. J’adore l’Isle et ses habitants! Si tu y vas tu comprendras pourquoi le peintre Riopelle y avait trouvé refuge et tu reconnaîtras la faune et la nature sauvage qui habitaient ses tableaux 😉 Si tu désires plus d’information appelle-moi. xx

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