Marcher pour créer

When we walk, the two halves of our brains converse.”
― Julia Cameron

Lorsque nous marchons, les deux hémisphères de notre cerveau conversent… J’aime imaginer qu’un dialogue existe entre deux parties qui se trouvent trop souvent en opposition… Plutôt que de porter un jugement sur la différence, je les vois prendre tour à tour le bâton de parole, et écouter la voix de l’autre sans chercher à avoir raison. Car en vérité, les deux se complètent.

D’une façon imagée, la citation de Julia Cameron explique pourquoi la randonnée a un effet si bénéfique sur l’humeur. Personnellement, j’ai la nette impression que je me comprends mieux quand je marche. Que tout est moins dramatique. Que les situations s’éclairent. Normal puisqu’il y a consensus dans ma tête! Équilibre.

Dans son livre « Dessiner grâce au cerveau droit« , Betty Edwards consacre un chapître complet sur les différences entre les deux hémisphères du cerveau humain. Sans m’étendre trop sur le sujet, voici en gros les particularités de chacun:

Mode gauche: verbal, analytique (considère les choses petit à petit et une partie après l’autre), rationnel, logique, linéaire, digital, symbolique, abstrait, temporel…

Mode droit: non-verbal, synthétique (met les choses ensemble pour former un tout), irrationnel, intuitif, global, spatial, concret, analogique, intemporel…

Moby ombre - copyrightMon ami canin essaie de m’emmener marcher dans la montagne. Tous les jours. La plupart du temps je résiste. Aller promener le chien… Un devoir que je m’impose, une activité qui demande un effort dans la mesure où j’ai dix mille autres choses à faire. Et si je regardais cela autrement? En réalité, mon chien sait pourquoi je marche. Lui qui connaît la vraie valeur du temps, il m’invite simplement à emprunter une voie saine pour moi. Pour mon corps et mon esprit! Je le vois qui m’appelle. Il sourit en faisant des cercles de vent avec sa queue. Puis il s’adosse à la porte d’entrée et me lance un regard suppliant.

« Viens respirer dehors! Allez, suis-moi! La nature a des choses importantes à te dire! »

Lorsque je conscientise que je marche pour mon bien-être, l’exercice devient beaucoup plus facile. Je ne marche plus pour le chien. Je ne suis plus dans l’obligation de m’occuper de quelqu’un d’autre en faisant passer ses besoins avant les miens. Je marche pour moi. Avec moi. J’avance. Car c’est dans le mouvement que mes pensées se délient. C’est en marchant que je pousse plus loin mes réflexions. Ma vision s’illumine. Elle s’élargit. Des solutions et de nouvelles idées apparaissent. Marcher ne fait qu’amplifier ma créativité. Il n’est d’ailleurs pas rare que mon air d’aller se transforme en pas de danse, que j’accompagne de chants… Très drôle lorsque je croise quelqu’un et que je ne m’y attendais pas…!

Tout à l’heure, dans la foulée de mes pas, j’ai perdu le chien de vue. Chacun dans son espace. Lui, sur les pistes des animaux ayant passés devant lui. Moi, dans un sentier dont la beauté me reflète la poésie que je veux partager au monde. Des phrases m’habitent, et c’est dans un état de contemplation qu’elles surgissent.

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Je marchais en parlant à voix haute. Je m’entendais, en sachant que la forêt m’écoutait. Et ma voix protégée par les arbres me ramenait à qui je suis. Le cadeau de la marche, c’est qu’elle ne m’a pas du tout fait perdre mon temps!

Avec les années, j’ai fini par accepter que la marche fait partie de mon travail. Les moments mystiques, la communion avec la nature, aussi. C’est en alternant les modes « réceptif » et « actif », tous deux absolument nécessaires, que je respecte mon processus de création.

Lorsque la solitude s’impose plus fortement, il m’arrive aussi très souvent de partir sans mon chien. Je me donne aussi le droit d’arpenter de nouveaux paysages.

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Marcher est un excellent moyen de m’enraciner… De plus, cet exercice est pour moi une façon naturelle de méditer.

Alors, pourquoi procrastiner?

Je termine en vous partageant cette vidéo de Richard Séguin. Il explique si bien pourquoi la marche en solo, dans un territoire sauvage, est importante et directement liée à son processus d’écriture.

Bonne écoute!

© Hélène Gagnon, tous droits réservés

2 thoughts on “Marcher pour créer

  1. Un texte pour moi qui adore aller marcher seule. Plus facile pour moi seule. Ce n’est jamais une corvée la marche. La musique dans mes oreilles et l’air pur.

    Merci pour ce beau texte.

  2. Bonjour Hélène,
    Très intéressant ton article! Les bienfaits de la marche, on a tendance à l’oublier, comme le dit si bien Richard Séguin dans le vidéo, ça permet au mental de s’apaiser. Et de trouver des idées, de laisser circuler l’inspiration. Ton chien le sait naturellement, la nature le sait d’instinct. 😉

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